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L’essoufflement démocratique

  Pour la onzième fois au mois d’avril 2022, nous élirons nous mêmes, au suffrage universel, notre président de la République. Posons crûment la question: qui y croit encore? Bien sûr, nous irons voter, un peu plus ou un peu moins, ce n’est pas l’important. Ce qui a disparu c’est l’espoir, la confiance, le sentiment que les difficultés communes seront allégées, et l’angoisse qu’elles procurent diminuée, par l’action de ceux que le vote portera au pouvoir. Les problèmes de la société française sont connus. Ils sont anciens. Personne ne parvient à les régler. La souffrance des services publics nous afflige, le poids des impôts nous écrase. Tant d’impôts, et pourtant des déficits en croissance, une dette qui enfle. Il y a là une contradiction qui prouve la mauvaise gestion des deniers publics. A ceci, aussi vieux que l’Etat en France, s’ajoutent le défi climatique, la menace terroriste et, petit dernier introduit par la démagogie contemporaine, une trouille galopante de l’islam dont n...

Gisèle Halimi, une femme trop libre pour la France.

  Pour la France d’hier, et spécifiquement pour les hommes de la France d’hier, Gisèle Halimi fut une femme trop libre. Avocate, elle fit par sa seule parole du viol un crime. Militante, elle participa en première ligne au combat pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Son action changea, change encore, la vie des femmes. Pour tout cela, elle aurait mérité, après sa mort, l’entrée au Panthéon. Les hommes d’aujourd’hui, effrayés par la liberté des femmes comme l’étaient les hommes d’hier, en ont décidé autrement. Culpabilisés quand même, les hommes d’aujourd’hui ont promis qu’un hommage national serait rendu à sa dépouille dans la Grande cour des Invalides. Généralement, cette reconnaissance suit la mort de près. Dans l’espèce, il fut dit que la cérémonie consécutive au décès survenu le 28 juillet 2020 serait organisée en janvier 2022. Un an et demi de distance. Cela parut beaucoup.  Les jours sont passés. Nous avons oublié. Mais la famille s’est souvenue. Elle ...

Florence Parly, ministre de la défense, pourrait-elle faire respecter la loi?

Je crois bien que tout le monde s’en moque, et c’est là le problème. Voici l’histoire.  La démocratie organise la défense de la Nation. Pour cela, elle confie la puissance du feu et le droit à la destruction à l’institution militaire. En retour, elle impose aux membres de cette institution un strict devoir de réserve. Un soldat, s’il est libre de ses opinions et de l’expression de celles ci dans un cercle personnel, ne peut pas participer à une aventure politique visant à la conquête, même pacifique, du pouvoir.  Cette notion est importante. Dans un système monarchique ou dans une dictature, l’armée est au service du pouvoir. Dans une démocratie, qui prend chez nous la forme républicaine, elle est au service de la Nation. La réserve de ses membres est donc essentielle. Elle ne peut souffrir d’aucune exception. En accepter une seule, c’est remettre en cause un principe fondamental de notre organisation politique. Sous cet angle simple à comprendre, et facile à partager pour tou...

Bertrand de la Chesnais, un drôle de général au service d’Eric Zemmour

  Sous la plume du journaliste Robin d’Angelo, le Journal du dimanche brosse aujourd’hui (19 décembre) le portrait du fraîchement nommé directeur de la campagne d’Eric Zemmour: Bertrand de La Chesnais. Une photo surmonte l’article. Le visage plissé par les rides, le cheveu blanc coupé court, l’air contrarié d’un homme qui vient de découvrir le montant de ses impôts, confèrent au cliché une impressionnante impression de sévérité et d’autoritarisme. Il pourrait y avoir dans les jours qui viennent de la valse à quatre temps dans l’équipe Zemmour, et quelques baffes aussi.  Bertrand de La Chesnais a 63 ans. Rien de grave. Il fut général, dans l’armée de terre. Désormais, il est à la retraite. Oh, retraite à la sauce militaire. Le voici, comme ses congénères, considéré par son institution en « disponibilité ». Ceci signifie qu’en cas d’invasion du territoire - par les Suisses? Les Luxembourgeois? - Bertrand de La Chesnais pourrait être rappelé dans l’armée active . En vrai, le risq...

Daenerys Targaryen, l’Imbrûlée; Christiane Taubira, l’Embrouillée

  Sur ma tablette, je visionne actuellement, et pour la troisième fois « Game of Thrones », fabuleuse création  télévisée sur le pouvoir, sa conquête et ses cruautés. La prétendante au trône qui lui a été volée, personnage lumineux et charismatique, s’appelle Daenerys Targaryen et parmi ses nombreux titres, ses partisans lui accordent celui de « l’Imbrulée », référence à une scène majeure où, plongée dans le feu avec des œufs de dragons, Daenerys Targaryen en sort indemne, sa peau blanche de blonde n’ayant en aucune manière souffert des flammes. Du cinéma, certes, mais du grand. Ce matin (samedi 18 décembre), toujours sur ma tablette, j’ai écouté ChristianeTaubira, l’ancienne ministre de la Justice, qui s’était déplacée jusqu’à Saint-Denis, la ville des Rois, pour appeler la gauche à l’union dans la perspective de la prochaine élection présidentielle. C’est en la regardant  et en l’écoutant, plongée dans la fournaise de la campagne électorale, que m’est venu à l’esprit le...

Eric Zemmour aime les fraises gariguettes

  Eric Zemmour n’est pas un homme politique comme les autres. Il est beaucoup plus drôle. Le voilà ce matin au micro de la matinale de France Inter qui, toutes narines pincées, l’accueille pour la première fois. Le candidat à l’élection présidentielle disserte sur l’immigration, assure qu’une fois à l’Elysée son objectif sera d’atteindre le zéro en la matière. Sauf que, il le révèle pour l’occasion, il y aura en la matière une exception. Voici au soupir près le propos d’Eric Zemmour, tenu ce matin (jeudi 16 décembre) vers 8h40: « J’ai discuté avec un producteur de fraises, des gariguettes.  Vous savez que… où peut-être vous ne savez pas [moi, je ne savais pas]… que j’adore les fraises gariguettes. Je parlais avec ce producteur. Il me disait qu’effectivement il faisait venir des Marocains car il n’arrive pas à avoir des Français [pour ramasser les gariguettes] Mais après, ils repartent. Ce sera la seule exception » pour faire venir des travailleurs étrangers. On pressent le bon...

Les confidences d’Anne Hidalgo

  Onze heures sont à peine passés, ce mardi 14 décembre. Dans l’hémicycle de l’Hôtel de Ville de Paris, les conseillers s’écharpent sur le budget. Pour les uns, il assure l’avenir. Pour les autres, il est « insincère », comprendre trafiqué, maquillé. La maire, Anne Hidalgo, a ouvert la discussion une heure plus tôt. Elle a aligné les chiffres - investissements, dette, etc… - en essayant de ne pas faire attention aux interpellations, réflexions, moqueries parfois, de ces opposants. A la fin, les élus de sa majorité ont applaudi. Plus tard, ils voteront. Ainsi va la vie municipale. Anne Hidalgo s’est éclipsée, laissant les commandes du navire à son premier-adjoint, Emmanuel Grégoire. Elle est assise sur l’un des fauteuils qui meublent l’espace de son immense bureau, à l’Hôtel de ville. Elle évoque certains des épisodes de l’histoire du pays, écrits entre ces murs. Elle est fière d’être la maire de Paris - tout à l’heure, un conseiller d’opposition, maire du XVIème, Francis Szpiner, c...